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Bruxelles, le 27 novembre 2008
C’est une affaire réglée comme du papier à musique. Chaque fois que la « journée sans crédit » arrive, un parlementaire soulève la question du renforcement de la législation actuelle. Il argumente alors immanquablement sa requête en se référant aux crédits en magasin. C’est médiatique et compréhensible pour tout le monde. Les magasins, comme le veut le raisonnement, octroient beaucoup trop facilement des crédits et mettent ainsi les consommateurs en difficulté. Méchants magasins ! Les militants de la « journée sans crédit » distribuent leurs pamphlets ... dans les rues commerçantes. Ils renforcent ainsi l’idée que les arriérés de paiement sont la conséquence des crédits en magasin et collent au secteur une étiquette qui n’existe pas : 98% des ouvertures de crédit sont en effet remboursées correctement. Fort heureusement, les retards de paiement ne sont donc pas un phénomène en croissance et les crédits à la consommation ne sont généralement pas octroyés en magasin.
Au printemps dernier, Fedis a interrogé 25 000 Belges au sujet du crédit à la consommation (1). Il en ressort que 60% des Belges ont recours au crédit à la consommation pour acheter une voiture. Près de 50% utilisent le crédit pour la rénovation. Et 25% pour l’achat d’électroménagers en magasin.
Le crédit à la consommation n’est dès lors pas un problème en soi. Le crédit – à condition d’en faire bon usage – peut d’ailleurs temporairement vous tirer d’affaire. Le nombre de contrats de crédit dans notre pays a augmenté de 1,17% entre le 30 juin et le 30 septembre de cette année. Le nombre de contrats défaillants est toutefois en baisse depuis quelques années (2). Dès lors, quel est le problème ?
Les magasins dispensent des crédits comme « service », ce n’est pas leur core business. Aucun commerçant n’a d’intérêt à attirer des mauvais payeurs. Les règles d’octroi de crédit en magasin sont exactement les mêmes que celles pratiquées dans une banque ou une autre institution financière. La plupart du temps, les commerçants n’interviennent d’ailleurs pas comme prêteurs. Ce sont des entreprises spécialisées qui le font à leur place.
Selon l’Union Professionnelle du Crédit (UPC), le recours au crédit en Belgique par rapport à nos pays voisins est très modéré. La législation belge en matière de crédit à la consommation est en outre l’une des plus strictes en Europe. De nouvelles lois ne sont donc pas nécessaires.
Une modification de la loi actuelle peut toutefois contribuer à diminuer encore davantage les arriérés de paiement. Tout qui octroie un crédit, doit obligatoirement consulter la Centrale des crédits aux particuliers (CCP) pour vérifier la solvabilité du demandeur. La banque de données de la Centrale reprend tous les crédits hypothécaires et de consommation qui sont en cours pour une personne déterminée. Néanmoins, les autres dettes éventuelles n’apparaissent pas, de sorte qu’un prêteur ne peut jamais contrôler complètement la solvabilité du demandeur. C’est là que le bât blesse. Pour Fedis, la banque de données de la Centrale des crédits aux particuliers doit être élargie à toutes les dettes en souffrance du candidat demandeur. Car tout le monde en veut pour son argent.
La plupart des arriérés de paiement sont toutefois la conséquence d’imprévus tels que le divorce, la maladie, la perte d’emploi ou l’accident. Le crédit n’est donc pas un vice, et le crédit en magasin l’est encore moins. Réfléchir au crédit et sensibiliser les consommateurs à leur comportement est plutôt positif. Diaboliser les secteurs, certainement pas.
Dominique Michel, Administrateur délégué de Fedis
(1) Étude du bureau d’enquête de tendances BeXpertise auprès de 25 000 Belges (2) Source : la Centrale des crédits aux particuliers (CCP)
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