|
Bruxelles, le 21 juin 2007
Un conflit entre les employeurs et les syndicats autour d’une augmentation salariale dans le secteur horeca est en train de s’aggraver. En effet, les syndicats demandent, en plus de l’augmentation salariale de 5,5% convenue dans le cadre de l’accord sectoriel pour l’horeca, une augmentation salariale moyenne complémentaire de 14%. Les chaînes de restaurants sont dans l’impossibilité d’accéder à cette demande. Cela signifierait que 33% des implantations se retrouveraient dans une situation critique. Parce que licencier les travailleurs n’est pas une option, Bemora, la Fédération des Chaînes de restauration belges, demande aux syndicats de se remettre autour de la table.
L’augmentation salariale demandée par les syndicats n’est pas linéaire mais dépend du type de fonction exercée et de l’ancienneté. Concrètement, cela signifie que les travailleurs gagnant le plus gros salaire obtiendront l’augmentation salariale la plus importante (+20%) et que ceux qui gagnent le moins, recevront l’augmentation la plus faible (+2%). Les barèmes proposés sont sensiblement plus élevés que ceux ayant fait l’objet d’un accord dans le cadre d’une opération de rattrapage.
Par ailleurs, la proposition des syndicats rend l’embauche de travailleurs pour des contrats de courte durée ou ayant peu d’ancienneté plus intéressante pour les employeurs, étant donné l’augmentation salariale moins importante pour une ancienneté de courte durée (+2%) que pour une ancienneté de huit ans par exemple (+12%). Cette proposition ne favorise donc pas l’emploi durable dans un secteur qui est déjà trop confronté au fléau du travail au noir. D’ailleurs, cette proposition engendrerait une intensification du travail au noir, ce qui nuit une fois de plus aux entreprises appliquant correctement la législation en vigueur. Pour toutes ces raisons, Bemora ne comprend pas pourquoi les syndicats, pourtant partisans de l’emploi durable, veulent imposer un tel scénario.
Bemora est d’accord avec le principe de la revalorisation du métier des travailleurs dans les restaurants, mais propose une augmentation salariale linéaire progressive jusqu'à 6% pour toutes les catégories et toutes les anciennetés. Cette augmentation vient en outre s’ajouter à l’augmentation salariale de 5,5% qui a déjà été négociée dans l’accord sectoriel 2007-2008. Une telle augmentation linéaire de 6% est plus équitable envers tous les travailleurs et peut être mise en oeuvre à terme, bien qu’avec difficulté, sans compromettre la durabilité du secteur. Tant que la TVA du secteur ne peut pas passer de 21 à 6%, toute augmentation salariale de plus de 6% est impossible.
Une augmentation salariale moyenne de 14% signifie que 33% des implantations de Bemora se retrouveraient dans le rouge. Le licenciement du personnel pour cause d’exigences salariales exorbitantes n’étant pas une option envisageable pour Bemora, l’organisation demande aux syndicats de se remettre autour de la table. Bemora appelle également les autres fédérations de l’horeca à se joindre à cette demande. Bemora ne peut pas s’imaginer que les autres restaurants et cafés seront en mesure de se permettre une telle augmentation salariale.
Geert Maris Secrétaire Bemora
Contact : Paskal Deboosere Responsable communication Tél. : 02 788 05 00
|